Une Tunisie écologique ? Changeons d'abord les mentalités...
L’expert-comptable Maher Guaida a estimé,, dans une déclaration à Mosaique FM, ce jeudi 16 avril 2026, que le concept de « Tunisie durable » place le pays face à une pression et à des responsabilités accrues pour s’adapter aux mutations mondiales, ainsi qu’aux normes et mécanismes imposés par l’Union européenne, notamment en matière d’émissions de carbone.
Il a toutefois rappelé que les grandes puissances industrielles demeurent les premières responsables du gaspillage des ressources hydriques et des dérèglements climatiques. Selon lui, la Tunisie et les pays les plus affectés doivent dénoncer ces approches qu’il juge biaisées, et ce, à l'occasion du colloque consacré à l’économie intelligente au service d’une Tunisie durable.
Il a, également, mis en garde contre les tentatives de certains pays de « verdir » leur image en promouvant une production biologique, prétendument durable. Selon lui, cette orientation ne reflète pas la réalité, ces mêmes pays cherchant à exporter ce modèle vers d’autres États, dont la Tunisie, tout en poursuivant l’exploitation des ressources naturelles à l’échelle mondiale.
Abordant la question technologique, il a souligné que l’intelligence artificielle figure parmi les plus grands consommateurs d’énergie, tout en étant utilisée par certaines puissances comme levier d’influence, ce qui, selon lui, intervient en contradiction avec les discours sur l’économie verte et la durabilité environnementale.
Maher Guaida a insisté sur la nécessité pour la Tunisie de capitaliser sur ses atouts et sa position géographique, afin de devenir un pôle écologique stratégique.
Il a, en revanche, pointé plusieurs freins, notamment le décalage entre des stratégies ambitieuses et un niveau de sensibilisation sociétale encore insuffisant, ainsi qu’une bureaucratie qui ralentit considérablement la mise en œuvre des projets, transformant des initiatives réalisables en une année en chantiers étalés sur une décennie.
Il a, dans ce sens, appelé l’État à reconnaître ces contradictions et à leur apporter des réponses concrètes et opérationnelles.
De son côté, Nadia Cheikh Rouhou, cheffe de département dans une université privée, a souligné l’importance d’une coordination renforcée entre les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement pour élaborer des stratégies nationales, face aux défis climatiques et à la raréfaction de l’eau. Elle a ajouté que, malgré une amélioration des précipitations après plusieurs années de sécheresse, il demeure essentiel d’accélérer la mise en œuvre effective de ces stratégies. Cela passe, selon elle, par une mobilisation accrue des experts et des décideurs, ainsi que par la formation des étudiants à l’usage des technologies modernes, afin de proposer des solutions durables pour développer l’agriculture et optimiser la gestion des ressources hydriques, tout en préservant la production nationale.